Ethiopie - 1997

 

Avril 1997 - L'Ethiopie sort d'une trop longue période de troubles et de guerres et rouvre ses frontières. Beaucoup de plaies ne sont pas encore guéries mais du fond de sa misère, ce pays immensément fier offre au visiteur sa civilisation quatre fois millénaire, ses paysages à couper le souffle et l'accueil chaleureux de son peuple.

Nous visitons Lalibela, Axoum et Gondar et randonnons pendant une semaine dans les décors vertigineux de la grande fracture géologique du Simien.







Lorsqu'en 321, le roi Ezana, contemporain de l'Empereur Constantin de Rome, se convertit au christianisme et en fit la religion d'état, le royaume d'Axoum devint le premier pays chrétien. Avant Rome.
Aujourd'hui encore, la foi est très répandue, les églises nombreuses et le clergé fastueux.




Les croix pattées Ethiopiennes sont souvent réalisées en argent, à partir de thalers autrichiens de l'impératrice Marie-Thérèse, largement utilisés jusque dans les années 40.
Dans certaines régions du Tigré, les femmes se tatouent une croix sur le front. Solution nettement plus économique.






A la fin du XIIe siècle, le roi Lalibela transféra la capitale d'Axoum vers le sud de son royaume. Il décida d'en faire une nouvelle Jérusalem, afin d'éviter aux pèlerins les risques du voyage en territoire islamique. Douze églises furent créées, taillées dans la pierre de la montagne. Ces bâtiments monolithiques de très grande beauté reproduisent des édifices figurant dans les grands lieux de pèlerinage.






Bieta Giorghis, l'église cruciforme de Saint Georges, mesure plus de 10 m de haut.
L'intérieur de ces édifices monolithiques est richement décoré et l'activité y est permanente.






Les processions sont fréquentes et les prêtres qui les mènent toujours richement vêtus.
La cathédrale Sainte Marie de Sion à Axoum recèlerait l'Arche d'Alliance contenant les exemplaires originaux des tables de la Loi reçus par Moïse. Ce trésor aurait été volé à son père par le fils de la reine de Saba et du roi Salomon. Mais seul un prêtre cloîtré à vie a le droit de les contempler. Tout autre regard les ferait disparaître. Cette croyance révèle un incontestable sens pratique.





Peinture murale du XVIe siècle dans l'église Debré Birhan à Gondar






Saint Georges terrassant le dragon - peinture murale du XVIe siècle dans l'église Debré Birhan à Gondar.






On dénombre plus 300 obélisques à Axoum. La plupart furent érigés il y environ 2000 ans et représentent des maisons aux très nombreux étages. Le plus haut, aujourd'hui brisé mesurait 33 m de haut. Les fouilles ont permis de mettre à jour une nécropole.






Axoum






Dans un village des hauteurs du Tigré






Dans une rue d'Axoum






L'érosion donne aux abords du Simien des allures de "Monument Valley"






Obélies et séneçons sur les bords du plateau, face à l'effondrement du Simien. Avec des à-pic de 1500 m, l'escarpement des gorges du Simien ramène le Grand Canyon au rang de modèle réduit.






Babouin Gelada sur les bords du canyon






Si l'altitude moyenne du plateau est de 3300 m, de nombreux sommets culminent à plus de 4000 m





Les populations des plateaux du Simien vivent de l'élevage et d'une agriculture très pauvre.
Mais, ici comme en tant d'autres lieux, la dureté des conditions de vie ne tarit pas les sourires.





Décimés et affamés par 20 ans de guerres, affrontant en permanence les rigueurs du climat, habitant une terre aride obligeant leur maigre troupeau à de perpétuels mouvements, ces bergers ont pourtant la noblesse des rois et des sages.






Pas d'autre tambourin qu'une vieille boîte de conserve rouillée, mais le souvenir d'un chant qui venait de l'âme.





Quand la souffrance d'un peuple se lit même dans ses sourires